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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 10:43

http://www.moneyblog.fr/wp-content/uploads/2007/08/enfant-argent.jpgLa rémunération... un mot qui causent souvent des oppositions d'idées et de point de vue parmi les auteurs diffusant sous licences libres. Internet étant l'un des outils principaux de distribution de la zik des libristes, amateurs ou professionnels, on est nécessairement tenté à un moment ou à un autre de se tourner vers des services de rémunérations (JamendoPRO, BeMySound, Bandcamp, etc.). Mais est-ce la seule solution ? D'autant que d'une certaine manière ces services web sont opposés aux fondements de la Musique Libre, car pour rappel l'un des grands principes est la suppression des intermédiaires, ce que sont forcéments ces sites de services de rémunérations. Après, certains d'entres-vous se demandent forcément si c'est possible de négocier en direct avec des clients potentiels pour se rémunérer, si c'est compliqué, si c'est plus ou alors moins avantageux, etc. Pour se faire, j'ai interviewé des auteurs sur ce sujet...

 

1) Depuis combien de temps diffusez-vous votre musique sur le web ? 

Realaze Notso-Klin : Depuis 2004/2005.


Hu Creix : ça fait 4 ans.


Philippe Mangold : Depuis 6 ans.


2) Pourquoi avoir fait le choix d’une diffusion sous licence libre ?
Realaze Notso-Klin : Parce que pour moi, faire écouter mes musiques à un public est très important, l'accès aux maisons de disques et labels m'a paru quelque chose de très compliqué à l'époque, et surtout me faisait l'effet d'une bride sur le cou, j'ai du mal à saisir comment un artiste peut s'exprimer pleinement et évoluer sereinement lorsque quelqu'un passe son temps à lui dire ce qu'il doit faire. J'ai donc choisi de diffuser ma musique sous licences libres parce que c'est un outil qui, selon moi, libère à la fois le musicien, qui sait alors où il en est, et ses fans et diffuseurs, qui ne risquent dès lors pas d'être inquiétés par les initiatives anti-piratage (même si je reconnais que sur ce dernier point, il reste à démontrer que des fans aient été inquiètés un jour au sujet d'une musique sous licence libre).
Et puis le côté contestataire des licences libres m'a pas mal inspiré également, je l'avoue.


Hu Creix : Je n'ai pas choisi. Protéger sa zic est ultra compliqué.
Avant ça j'avais pas l'internet ... j'savais rien ... Les creatives commons sont arrivées par cause à effet .
En déposant ma zic sur un site de diffusion fallait cocher NC ND ou autres options. Alors comme j'en avais ras l'bol de garder mes travaux dans mes disques durs... ça c'est fait comme ça mais je le referais pas.
Le public n'a aucune prise de conscience de sa responsablilité et ne se rend même pas compte que la gratuité est un moyen de le protéger contre les lois restrictives qui combattent le piratage .
Le robinet du tout gratuit est devenu complètement banalisé et n'apporte absolument aucune opportunité d'intégration à des projets X ou Y inhérents aux arts multimedias comme je l'ai esperé il y a 4 années en débarquant, candide, sur le net. Du fait je suis contre la gratuité.
Le respect des licences par les créatifs est plus que rare et la profusion de plagiats et autres utilisations de produits assujettis à des droits d'auteurs affiliés à des sociétés de collecte de droits rassemble 80% des parutions sur le web ornées du merveilleux obsolète logo CC.
Du fait les créations originales légitimement diffusées sous creative commons sont assimilées à la décharge publique que représente aux yeux du métier les "arts libres".


Philippe Mangold : j'ai choisi les licences libres pour une question d'éthique et aussi parce que en tant que créateur je souhaite être le seul à décider de ce que je veux faire de mes productions.


3) En faites-vous une activité professionnelle ? Si oui, vivez-vous de votre musique ? Si non, pourquoi la rémunération de vos oeuvres est importante pour vous ?
Realaze Notso-Klin : Je gagne très peu d'argent grâce à ma musique, la majorité via mes activités de Dj, pendant une époque 2/3 sous via Jamendo, et quelques revenus provenant d'une société de production audio-visuelle.


Hu Creix : Je n'ai pas d'autre activité professionnelle. Ma vie est entièrement axée autour de la musique. Je travaille mes instruments quotidiennement.
L'intégralité de mes revenus passe dans le matériel pour accéder à des moyens d'autoproduction acceptables. Aprés avoir passé plus d'une décennie comme musicien de rue et ayant gagné mon pain par ce metier, il me semble tout naturel, ne sachant faire que ça, de conserver mon statut de professionnel.
La rémunération d'un travail est une question qui ne se pose pas si on est bien l'auteur du produit. Du fait, la vente est une suite logique puisque c'est un metier.
Est-ce que le boulanger qui se lève à 3 heures du matin donne son pain ?


Philippe Mangold : Je ne vis pas de ma musique.
Le fait d'être rémunéré est tout à fait évident dans la mesure où nous évoluons dans une société qui fonctionne sur les échanges commerciaux et dont l'étalon principal de référence est l’argent. De plus, je fournis un travail dans lequel j'y mets toute mon exigence et mon énergie , ainsi qu'un investissement financier assez conséquent pour oeuvrer sur du matériel de musique qui n'est pas du bas de gamme et qui me permets donc de livrer un travail de très bonne qualité.


4) Avez-vous déjà utilisé un service de monétisation de votre musique sur le web ? (ex : JamendoPRO, Restorm, Bandcamp, etc.) Si oui, le(les)quel(s) et quelle analyse personnelle, en tant qu’auteur, faites-vous de ce(s) service(s) ?

Realaze Notso-Klin : J'ai diffusé sous contrat Pro sur Jamendo pendant quelques années, j'y ai publié trois albums, qui, malgré un bon succès d'estime sur le web, ont peu marché sur cette plate-forme, et m'ont rapporté très peu d'argent (quelque chose comme 400/500€ en 8 ans, risible). J'ai cessé de travailler avec eux, car j'en ai eu assez d'être un artiste low-cost, que l'aspect communautaire (je rappelle que mon but, c'est le public, pas l'argent) a été saccagé par la direction, et que la visibilité est quasi-nulle désormais, sauf pour quelques artistes régulièrement jetés en page d'accueil. Je teste actuellement Bandcamp, et j'ai décidé après mûre réflexion que mon prochain album sortira dans un premier temps exclusivement sur cette plate-forme, toujours sous licence libre, mais payant. Je pense publier cet album quelques mois plus tard de manière totalement gratuite sur Dogmazic.


Hu Creix : Pour les services de monnétisation il y a plusieurs cas de figure. Je vais commencer par donner mon avis sur les services de licensing royalty free.
Sur ces plateformes destinées au rapprochement des professionnels et des artistes qui s'intègrent à un catalogue de produits mis à la vente moyennant une commission prélevée par ladite plateforme,le problème n'est pas tant la petitesse des positions tarifaires des plateformes ou même les commissions prélevées par les plateformes en question ; le problème majeur vient des créatifs et de la responsabilité des plateformes quant à la diffusion de plagiats mis en vente illégalement au regard du droit d'auteur.
Quand une plateforme propose au licensing royalty free une composition soumise à la propriété intellectuelle, ce sont les creations originales légitimement  diffusées sous Creatice common qui en patissent. La responsabilité de la plateforme qui va accepter dans son catalogue un titre grossièrement copié partage à mon sens la culpabilité et les discréditations des licences de libre diffusion.
Un autre cas de figure existe aussi qui est devenu quasi systématique. Un type X utilise des samples packs, les samples que contiennent ces packs ont été déposés et des sociétés de collecte de droit se partage le gâteau de toute utilisation du produit du travail de l'artiste qui a créé les samples,le type X qui va mettre en vente en royalties free des travaux contenant des extraits de ces samples est dans l'illégalité. Du fait la plateforme elle aussi l'est ainsi que, cerise sur le gâteau,le client qui innocemment a acheté la license pour utilisation commerciale d'un travail inadapté au "licensing royalty free".
Pour ce qui est des plateformes de vente aux particuliers ça me semble être tout à fait compatible avec la propriété intellectuelle légitime.
On en revient bien sûr à la légitimité de la diffusion par l'auteur dans le cadre du libre partage. Combien de reprises sont diffusées sous Creative common alors que les sacem et autre sabam n'ont jamais accordé quelque dérogation que ce soit aux artistes incriminés. Subsiste aussi un souci lié au contrôle impossible par les plateformes de vente aux particuliers quant à la traçabilité de la provenance du produit mis en ligne par X ou Y.
Combien de compilations contenant nombre de produits sont mises en vente à l'insu du créatif original?


Philippe Mangold : Bien qu'ayant commencé à diffuser mes créations sur Jamendo, j'ai toujours refusé d'adhérer à leur programme JamendoPRO . J'ai bénéficié de rémunérations dans les débuts par les dons et leur premier programme de rémunération qui était les prémices du futur JamendoPRO . Je suis aussi sur Restorm et Bandcamp mais je ne m'intéresse pas trop aux programmes de rémunérations.
En tant qu'auteur et créateur, je trouve que les systèmes de rémunérations sont de pures arnaques qui ne servent qu'à générer de l'argent pour ce genre de sites, au détriment des artistes. En fait, j'utilise ces plateformes uniquement pour pouvoir avoir un peu de visibilité et avoir un point de chute pour les personnes qui s'intéressent à mon travail.


5) L’un des principes de la Musique Libre est le renoncement aux intermédiaires, que ce soit entre auditeurs et auteurs, ou entre clients et auteurs. De ce fait, beaucoup font le choix de négocier « en direct » des contrats commerciaux liés à l’utilisation de leur musique. Avez-vous déjà négocié ce genre de contrats commerciaux ? Et pouvez-vous nous en dire plus ?

Realaze Notso-Klin : Je suis souvent (enfin, beaucoup moins depuis l'avénement de Facebook) sollicité a fins d'autorisation pour des documentaires, courts métrages, par des boîtes "qui débutent", j'ai envie de dire aux musiciens qui débutent de ne pas tomber dans ce panneau, tout contact pro doit mener à une rémunération, car votre partenaire, lui, se fera payer sans sourciller, donc si on vous demande l'autorisation, demandez la thune, pas de mauvaise conscience ou de scrupules, c'est normal, et votre interlocuteur le sait.
Quand aux projets rémunérés, c'est la boîte de prod qui m'a contacté directement afin d'utiliser des musiques existantes et d'en composer éventuellement d'autres au besoin, ce que j'ai fait. Il me semble que cet accord m'a plus rapporté (de l'ordre de 50€ la minute, sans contrat d'exclusivité ni de cession), avec un seul interlocuteur en quelques mois, qu'avec Jamendo en 8 années. Je trouve pour ma part que c'est une activité très intéressante du point de vue rémunération, bien plus que les (trop rares) dons des internautes, ou qu'un contrat "pro" avec un quelconque site de musique low cost. C'est aussi une très bonne motivation d'un point de vue artistique pour un musicien, à la condition que le partenaire joue le jeu du libre.


Hu Creix : Lorsque j'ai vendu à des professionnels sans passer par aucun intermédiaire. J'ai delivré un pack à durée d'utilisation non quantifié. Le prix a été fixé sur la base d'un pourcentage du budget global du projet, le pourcentage a été negocié avec le client par mes soins.
La facturation est apparue sous la forme d'une note d'honoraire ne comprenant pas de charges sociales du fait de l'absence de statut commercial type société me concernant. J'ai aussi livré des jingles pour des radios, des web TV ou autres sites et films intra-entreprise sous-traités par des maisons de production.
Des barêmes existent à la disposition des artistes pour vendre à des tarifs acceptables. Ces baremes sont relayés sur le web par de nombreux sites et des forums comme ceux de Audiofanzine débattent en long en large et en travers de ce sujet. http://fr.audiofanzine.com/autoproduction-business/forums/
J'ajouterai que pour plus de souplesse à l'utilisation du produit livré j'ai cédé tous les droits. C'est un choix difficile et traumatisant mais je ne pouvais pas demander à la maison de production de faire défiler un bandeau me mentionnant sous les jingles d'une société quelle qu'elle soit alors qu'eux-mêmes n'étaient mentionnés nulle part.
Donc voilà en gros ce qu'il résulte de cette expérience sans intermédiaire. Les licences creative common obligent la mention de l'auteur mais dans les faits c'est incompatible avec une utilisation commerciale non "artistique"
A la question comment ils ont découvert mon travail, tout est lié à un réseau de connaissance et d'influence. C'est une multiplication des activités qui permet de vivre de son travail. Ca passe par la multiplication des intégrations à des catalogues, la promotion assidue des créations, la laborieuse communication auprés du public, les éventuels évènements scéniques ou autres représentations dans les medias "indépendants", et l'incessante progression du niveau qualité des produits et des moyens de production des ouvrages.


Philippe Mangold : Je vais parler de mon expérience avec la Monnaie de Paris, avec qui j'ai travaillé en tant que sound-designer.
Il faut savoir que je travaille dans cette institution en tant que technicien de maintenance  et qu'avant de pouvoir négocier un contrat, j'avais produit gracieusement pour eux durant 2 ans un travail de créations qui allaient de la musique de clips institutionnels à de l'illustration de diaporama, sans oublier la réalisation de paysages sonores pour la nuit des musées et les Nuits Blanches. C'est fort de cette expérience que j'ai pu obtenir un contrat commercial avec la Monnaie de Paris ; c'est donc ainsi qu'ils ont pu apprécier mes créations et ma façon de travailler.
Ce n'est pas si difficile d'estimer la valeur marchande de son travail lorsque l'on connaît plus ou moins les tarifs et surtout lorsque l'on ne dépend pas de ça pour vivre, ce qui est mon cas. Le plus difficile c'est de croire en soi, en son potentiel créatif, et là c'est un travail qui se fait sur le temps en accumulant de l'expérience et de la maturité.


6) Souvent les services de monétisation par internet ne donnent lieu qu’à des rémunérations faibles. Sur une année, voyez-vous un avantage financier à être son propre agent, ou alors l’écart avec les sites de monétisation est-il minime ?

Realaze Notso-Klin : Pour être son propre agent, il faut en avoir le temps. Lorsqu'on est musicien indépendant, on est souvent obligé de travailler dans un autre secteur (c'est mon cas) pour subvenir à ses besoins, donc parfois on a pas le temps de solliciter les gens, de répondre à leur mail, parfois on est trop fatigué pour composer la musique qu'on a promis pour le lendemain. Et pourtant, selon moi, il faut faire cet effort, du moins si l'on souhaite être maître de la chaîne de commercialisation. Trop d'intermédiaires, ce n'est pas bon, un intermédiaire malhonnête encore moins. A moins d'avoir des moyens importants, il est rare de trouver des personnes qui s'investiront afin de promouvoir votre talent à votre place, sauf si elles sentent l'opportunité de gagner plus que vous. Donc méfiance, dans un premier temps, assurez votre propre promotion, négociez vous-même avec vos interlocuteurs, c'est le seul moyen de gagner un minimum d'argent. En bref, pas d'argent sans efforts.


Philippe Mangold :  L'avantage à être son propre agent est indéniable car il n'y a aucun intermédiaire, mais il est très intéressant aussi de pouvoir travailler avec un agent qui peut être un ami très proche, quelqu'un de confiance.

7) Sans vouloir trop entrer dans les détails, ces contrats seuls vous permettent-ils de vivre de votre musique, ou doivent-il être compléter par d’autres sources de revenus, comme les concerts ou les spectacles par exemple ? Si non, que vous apportent-ils ?

Realaze Notso-Klin : Ces contrats sont intéressants en appoint, car ils demandent peu d'investissement personnel et créatif, une bonne idée bien enrobée suffit parfois largement (sans tomber forcément dans la soupe publicitaire) et ça représente souvent un ratio gain/investissement imbattable. Celà dit, à moins de devenir célèbre, ce sera toujours moins qu'une heure de travail à l'usine, et ils sont souvent trop espacés dans le temps pour devenir une source de revenus fiable. Les concerts (ou mixes dans mon cas) sont encore plus intéressants, car par d'intermédiaires, et un très bon ratio horaire (comptez dans les 200/300€ pour une soirée pour un Dj débutant, mais compétent, à savoir qu'une soirée dure environ de 10/11h à 2/5h) et en plus il y a moyen de se faire vraiment plaisir au contact du public. Mais là aussi ça demande un gros investissment personnel afin d'obtenir les bons contacts, de décrocher des soirées, etc, et on peut également tomber sur bon nombre de requins.


Philippe Mangold :  Je ne vis pas de la musique donc je n'ai aucune pression à ce niveau là. En revanche, en parallèle à mes activités créatrices, je joue aussi dans un groupe de reprises qui tourne régulièrement en région parisienne. Cette dernière activité, en dehors du fun et du plaisir qu'elle me procure, me permets aussi d'avoir un complément de rémunération que je consacre à l'achat de matériel.

8) Recommanderiez-vous à d’autres auteurs, diffusant sous licence libre et recherchant des sources de rémunérations, de négocier eux-mêmes leurs contrats commerciaux ? Et pourquoi ?

Realaze Notso-Klin : J'ai répondu à cette question plus haut, oui, il est plus rentable (et convivial) de négocier ces contrats soi-même, à moins de tomber sur un agent compétent et honnête.


Hu Creix : Se rapprocher soi-même d'un panel de clientèle est un travail en soit. Etre productif, créatif, commercial et faire aussi l'administratif, le relationnel, la négociation. C'est avoir trois têtes, dix bras et des journées de 72 heures.
Mais certains y arrivent.


Philippe Mangold : Je ne peux que vivement conseiller aux auteurs de négocier eux-mêmes leurs contrats commerciaux. Comme je l'ai dit plus haut il n'y a pas d’intermédiaire, mais aussi, lors de la discussion il me parait plus judicieux que ce soit le créateur lui-même qui puisse expliquer sa façon de travailler , sa démarche artistique, le comment il envisage de mettre en valeur telle ou telle chose , etc.


9) Faut-il selon vous se méfier des services de monétisation sur internet ? Sont-ils compatibles avec la négociation directe de contrats ? Ou sont-ils une source de revenus complémentaires acceptables ?

Realaze Notso-Klin : Je pense qu'il faut se méfier des services qui se proposent de faire le lien entre l'artistes et les pros surtout, ou alors il faut accepter de devenir un produit sur un rayonnage obscur. De même les revenus générés par ces services ne sont pas corrects, car le prix de la matière première (la musique donc) est continuellement rogné et amputé, de la même manière que dans la grande distribution avec les producteurs et fournisseurs, et pourtant on ne fait pas de la musique pour qu'elle soit vendue comme des savonnettes, on fait de la musique parce qu'on y croit, et parce qu'on aime ce qu'on fait, certains (pas tous j'imagine) de ces services profitent de la naïveté et de l'humilité d'artistes souvent trop jeunes et inexpérimentés, et se comportent comme des proxénètes de la diffusion musicale, ceci n'est pas acceptable. Donc oui, une méfiance certaine est de rigueur.
A côté de ça, il est toujours possible de négocier en direct avec des partenaires commerciaux, mais accrochez-vous parce qu'il sera certainement plus intéressant pour eux d'aller bénéficier de prix cassés sur vos mêmes morceaux directement sur le site où vous avez eu le malheur de diffuser votre musique. Votre principal concurrent sera donc vous-même, et vous serez perdant des deux côtés.


Hu Creix : On peut tout faire dans le respect de l'autre.
L'économie liée aux produits Royaty free est une chaîne qui est solide si on n'exclut aucun des maillons qui la composent. Comme dans tout réseau commercial voler la clientèle d'une entreprise est puni par la loi.
Passer au dessus d'une plateforme de licensing c'est lui voler le travail de recherche de clientèle qui légitimise son pourcentage.
Alors, lorsqu'une plateforme lance un appel d'offre à création et qu'on a la chance de faire partie du catalogue proposé il serait malhonnête de contacter le client pour sucrer la commission de la plateforme. Si par contre on a la chance d'avoir un client spontanément demandeur il serait masochiste de le faire passer par une plateforme.
L'intérêt des plateformes est financier. Pour ce faire elles doivent fidéliser la clientèle. Du fait éviter tous conflits entre les parties. Il n'y a à mon sens pas de meilleur garant de confiance mutuelle quant aux collaborations mises en place dans l'intérêt de tous.


Philippe Mangold : Je pense qu'il faut effectivement se méfier de ce type de rémunération sur internet , même si comme on dit ça met "du beurre dans les épinards" . Ce système ne me semble pas adapté à la négociation de contrats pour les raisons évoquées plus haut . Sans être trop méchant avec les différents sites qui proposent une rémunération aux artistes , je dirais qu'en fait ils se moquent bien des artistes dans la mesure où leur seule préoccupation est de générer de l'argent pour leur entreprise .


10) Qu’avez-vous envie d’ajouter sur cette thématique ?
Realaze Notso-Klin : A quand une médiathèque numérique nationale qui permettrait une diffusion des artistes Français sur le net sans passer par des maisons de disque ? Sinon rien d'autre.


Hu Creix : Ce qui manque c'est des directeurs artistiques possédant le bagage pour connaître la musique et les produits légitimement édités sous Royalty free.
En ayant une meilleure culture générale, les plagiats et autres produits ne respectant pas la propriété intellectuelle, qui font de l'ombre a la création originale, seraient filtrés avant d'accéder à la clientèle. Ce n'est à mon sens pas les plateformes dont il faut se méfier dans l'absolu mais plus de leur ignorance et incompétence dans le métier d'éditeur.
Si par exemple, à la période des fêtes les produits proposés sont toujours et encore petit papa noël (ayant droits toujours en vie), alors les créations originales restent au placard. On demande des musiques de noël vendables en Licensing royaty free et là ce sont des produits sous droits d'auteurs qui rafflent la mise. On a donc une floppée de petits saliguots qui vous bouffent dans l'assiette.
J'aimerais aussi ajouter que les DJ devraient commencer à écrire dûment la tracklist des mixouilles qu'ils diffusent qui ne sont et ne peuvent pas être une promotion pour les créateurs des produits qu'ils utilisent. Que ces mêmes DJ s'en tapent comme des robes de ma grand-mère ..
Et que ceci ajouté à cela ne change pas les mentalités quant au statut insupportable que subissent les musiciens.
En gros on n'est rien et ça risque pas de changer de sitôt.


Philippe Mangold : Je précise que j'ai répondu à ce questionnaire en me situant en tant que pur créateur.
Je propose un travail de création "sur mesure", avec une vision objective et une couleur spécifique sur tout type de projet nécessitant de la musique, du son ou du bruitage.
Pour une personne qui ne se considère pas spécialement comme un pur créateur et qui n'a pas forcément une exigence ou une vision particulière sur ce qu'il fait, ce type de rémunération peut effectivement convenir.

 

Je remercie particulièrement REALAZE NOTSO-KLIN, HU CREIX et PHILIPPE MANGOLD pour cette interview, un exercice jamais très évident par emails interposés. J'espère que ça répondra à certaines de vos interrogations sur ce sujet.

Je précise que c'est moi qui ait surligné certains passages (c'est important de le dire).

D'autres auteurs et musiciens s'étaient proposés, mais l'article était déjà bien entamé. Néanmoins cet espace vous est dédié, donc dans les commentaires n'hésitez pas à partager votre propore expérience.

 

NB: j'ajoute un lien vers l'exellent et très complet article de Framazik sur ce même sujet : "Assurez une juste rémunération aux artistes"

Je mets aussi ce lien du site artiste-interprète.info regroupant des articles intéressants.

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Published by ChefGeorges - dans Chroniques diverses
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commentaires

paraphraser online 25/08/2014 12:14

La couche Internet a la responsabilité de l'envoi de paquets à travers potentiellement plusieurs réseaux. Internetworking nécessite l'envoi de données depuis le réseau source vers le réseau de destination.

stop snoring aids 16/06/2014 14:22

I am not really into the economic field. But I agree to the fact that the term “Compensation” can create unexpected impacts over the business. Lot of people is playing with such concepts with various platforms available in Internet. Thanks for discussing this.

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