Les chroniques de ChefGeorges. Blog décalé sur la Culture Libre, les albums, les artistes, les fans, etc. et tout ce qui gravite autour de cette culture ; cinéma, BD, videoludique... Bref, tout ce qui me plait et vous plaira. Donc pour ma ligne éditorial, c'est simple : Je dis tout !... ou presque ;p
J'aurais préféré une reprise d'activité cette semaine plus "sympathique", mais un communiqué de Jamendo par la voie de son Community Manager français a sonné le glas. En effet, il n'y a désormais plus aucun doute à avoir sur les objectifs et la mentalité chez Jamendo :( Si certains avaient encore des doutes...accrochez-vous :
"PRO était dans les cartons depuis le début. Depuis 2004. Ca a toujours été l'objectif de Jamendo. Donc on commence par construire une communauté (artistes + fans + professionnels), et puis on entre dans le monde du licensing pour créer des revenus et proposer une alternative au circuit traditionnel à partir de musique gratuite. Voilà ce qui s'est passé, et ce qui était prévu." (le 27-09-2011)
(...) (Je vous laisse reprendre vos esprits, lol)
Depuis 2004... 2004 ! Donc dès la création de la structure associative qui donnera plus tard la Société Jamendo, l'idée de créer PRO était déjà présente, donc ils pensaient déjà à leur fonds de commerce ! C'était effectivement perdu d'avance pour celles et ceux qui comme moi croyaient en un projet alternatif, tourné principale autour des licences libres et des artistes. Plus qu'une grande désillusion, c'est surtout un sentiment de trahison qui domine. Le sentiment d'avoir été bien berné depuis le début. Rendez-vous compte, Jamendo assume désormais complètement et ouvertement d'avoir utilisé les artistes et membres candides du site comme faire-valoir pour leurs intérêts ! Franchement, vous n'êtes vraiment pas choqué ?
Et quand je lis que Jamendo cherche à "proposer une alternative au circuit traditionnel à partir de musique gratuite" ça veut bien dire que la défense des licences libres n'a jamais intéressé Jamendo, seul compte créer un business parallèle aux services de ventes de musiques libres de droits existant déjà (comme justement MusicMatic, et là on comprend mieux 1) pourquoi MusicMatic était déjà client de Jamendo en 2009 et 2) pourquoi le rachat en 2010 était "logique" pour MusicMatic). Beurk !
Vous êtes encore surpris maintenant que Jamendo s'entiche d'Hadopi et conte fleurette aux Majors du disque ?
Bref, Jamendo ne deviendra jamais une "3ème voie alternative" tournée vers les artistes libres. Pourtant en 2005 on pouvait lire ça :
"Le but de Jamendo c'est de faire connaitre des nouveaux talents a des internautes ouvert d'esprit, c'est de construire un business modèle viable sur la musique en ligne en prenant le moins possible sur le dos des artistes, c'est de dire que les meilleures technologies P2P peuvent être utilisées légalement (...) le but de c'est de faire que vos groupes préférés soient connus, entendus, remplissent leurs concerts. C'est que des internautes gavés à la Star Ac. découvre le bon groupe du coin. Les majors qui se basent sur un modèle de musique en ligne légale et monétisée en ont bien le droit. De même, les fondamentalistes du libre qui ne veulent pas de pub, en ont bien le droit. Ce sont d'autres acteurs de la musique en ligne (...) Vous voulez participer à Jamendo ? Pensez à la musique, aux artistes, à ceux qui l'écoute."
En 2008, époque où on croisait encore des co-fondateurs de Jam' sur les forums, voici ce qu'on pouvait lire :
"C'est quoi le plan ? Extrêmement simple :
1) Faire de Jamendo une bonne plateforme :
- qui donne envie aux artistes de publier leur oeuvres sous licence libre
- qui donne envie aux auditeurs d'écouter, de partager, de faire connaitre à de plus en plus de monde de la musique libre
- qui donne envie à des annonceurs d'associer leur marque pour financer la plateforme et les artistes qui s'y trouvent.
- ouvrir d'autres pistes de revenus, partagés eux aussi de façon transparente.
2) Promouvoir Jamendo et la musique libre :
- Faire de Jamendo une marque de qualité sur Internet pour de la musique.
- Détromper le public, les annonceurs, les partenaires qui pensent toujours libre = gratuit = pas bon
- Faire découvrir l'infinité des créations au plus grand nombre
3) Gagner notre vie
- Assurer la pérennité de Jamendo, un vecteur performant pour la musique libre
- Dégager une marge, la ré-investir pour d'autres extensions de Jamendo pour promouvoir encore mieux la musique libre
- Permettre à Mangrove de sortir de Jamendo, et de passer le relai à d'autres investisseurs."
A chacun de juger par lui-même des mobiles de Jamendo, mais pour ma part les choses sont définitivement claires : Jamendo ne bougera jamais, car sa position n'a jamais été celle pourtant présentée au début. Donc à partir de maintenant, je ne peux plus défendre un modèle qui n'était qu'illusoire et reposait sur des non-dit.