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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 19:19

Voici une chronique assez orientée "artistes et groupes" comme il y en a eu pas mal ces derniers temps. Promis je ferai un effort tout spécial les jours prochain pour faire des chronique plus "grand public" où les simples auditeurs (si on peut dire) seront à l'honneur ;)

Pour ce qui est de cet article, j'y pose une problématique propre aux artistes : rémunération ou pas ? si oui, comment ? Pour répondre à un tel questionnement il faut au moins deux articles, je n'aborderai donc ici qu'une partie du problème ;)

Tout d'abord : un artiste diffusant sa musique sous une licence libre doit-il chercher à en tirer de l'argent ? Dans l'absolu, je serai tenter de dire non. C'est comme la nourriture ou l'eau : pourquoi payer pour des aliments qui poussent naturellement et de l'eau qui coule sans aide ? Faire de la musique est tout aussi naturel. Aujourd'hui on est, nous dit-on, "obliger" d'acheter de la nourriture et de l'eau, et donc on est obliger d'acheter de la musique, payer pour l'apprendre, etc. ? Et demain on attaquera au tribunal un oiseau qui fredonne le dernier Rihanna ? (lol) C'est un peu dans cette optique que pour des artistes jusquauboutistes, la musique doit toujours être gratuite (d'où la licence "domaine public"). Après, pour d'autres il y a une distinction à faire entre musique pour les auditeurs et musique pour un usage commerciale. On parlera ici surtout ce cette approche de la chose.

Il est évident qu'on va déjà distinguer 2 cas très précis : ceux qui essaient de vivre de leur musique et ceux qui ont une autre source de revenu principal (on parle parfois de "pros" et "d'amateurs" sans que l'un ou l'autre terme ne soit péjoratif). Pour les "pros", le problème est évident : réussir à soulever suffisament de revenus (concerts, ventes CD, goodies, contrats, etc.) pour subvenir à ses besoins (logements, nourriture, locomotion, etc.) tout en dégageant un profil qui permettra un investissement dans l'achat et le remplacement de matériel (guitares, amplis, lumières, etc.). Et si je parle de profit (qui compensent les charges) je ne parle pas de bénéfices, car en général ces "pros" qui diffusent leurs albums sur le net en licences libres ne cherchent à se starifier et donc ne cherchent pas à  gagner beaucoup d'argent pour s'acheter la dernière Ferrari. Vous l'aurez sans doute déjà compris, un tel groupe qui décide de partager librement et gratuite sa musique aux internautes devra être assez inventif pour trouver d'autres sources et moyens de revenues avec sa musique. Parmi les pistes que j'ai déjà pu observer (en plus des concerts, ventes de CD et de goodies) il y a bien entendu le don. Si ça rapporte une certaine somme d'argent, il est évident que ça ne peut servir à combler toutes les charges mensuelles. Peut venir s'y ajouter la vente de versions numériques spéciales d'un album (unplugge, en live, etc.),  et la publicité sur le site officiel (mais c'est tout de même peu utilisé). Et puis... bin c'est presque tout, car pour les "pros" il est évident que le net propose peu de source de rémunération. C'est d'ailleurs là que cherche à intervenir des concepts comme JamendoPRO ou Bemysound (dont je reparlerai plus complètement dans un autre article). Mais la plupart du temps, les "pros" préfèrent gérer eux-même ce que ces sites proposent : les contrats commerciaux. Plus au fait de la législation et des prix pratiqués, ils négocient aux-même (ou par le biais d'un agent) ces contrats pour des pubs, des campagnes de promotion, des illustrations sonores, etc.

Et pour les "amateurs" ? La situation est bien entendu différente, vu que toutes les formes de rémunérations sont complémentaires au salaire principal de l'artiste. Du coup, beaucoup de solutions insuffisantes pour des "pros" deviennent intéressantes pour des "amateurs". Là le don, la pub, la vente de mp3 HQ peuvent vite devenir appréciables. Mais tout ça dépend essentiellement de l'exposition de l'artitste. En effet, il est facile de comprendre que plus on a de fans et d'écoutes sur le net, plus ces sources de revenues augmenteront proportionnellement. Une société comme Jamendo va donc surfer sur ce "besoin de notoriété" pour proposer des services de rémunération. Malheureusement, manquant d'expérience les "amateurs" sont souvent prêt à accepter les pertes d'un certains nombres de droits sur leurs musiques dans l'espoir de toucher des compensations financières (pourtant bien en-deça des prix habituellement pratiqués par les artistes libres "pros"). Pour reprendre le cas de JamendoPRO, il faut bien comprendre comment il fonctionne. Lorsqu'on upload un album sur les serveurs de Jamendo, on a à choisir une licence CC et on bénéficie de l'audimat globale du site. Mais on ne gagne rien. Dès qu'on choisit d'adhérer à l'un des services PRO, Jamendo applique en plus une licence spécifique, créée par Jamendo pour son service PRO. Donc un artiste a alors 2 licences pour un même album (ce qu'on appelle parfois le dual-licensing). Sauf que les licences PRO sont nettement moins rigoureuse et contraignante que les licences CC (en claire : pas d'obligation de citer le nom de l'auteur, possibilité de remanier à loisir un morceau, de la sampler, possibilité de le redistribuer sous une licence non-CC, possibilité aussi de choisir une durée d'utilisation infinie, etc.). Du coup, l'artiste ne peut pas vraiment après coup prétende à faire valoir ce qu'il pense être des droits légitimes (comme faire apparaitre son nom au générique d'une vidéo d'un client PRO, là où pourtant une licence CC l'aurait rendu obligatoire). D'ailleurs Jamendo explique clairement que l'artiste ne peut se retourner contre lui pour toute réclamation quant à l'utilisation de ses oeuvres ainsi vendues avec des licences PRO. Ce système explique aussi la faible rémunération propre à ce service. Au final pour les "amateurs", gagner quelques centaines d'euros par mois facilement avec ses musiques est proche du fantasme malheureusement. Pour PRO par exemple, sur les plus de 5000 artistes inscrits aux programmes de rémunération, à peine une cinquantaine touche plus de 100€/mois (d'après ma propre évaluation, Jamendo s'étant toujours refusé à communiquer sur le sujet).

Si je reviens au cas JamendoPRO, ceux qui ne sont pas d'accord avec ce système commercial sont souvent taxé par Jamendo d'opposant à toutes formes de rémunérations, ce qui est faux ! Non, c'est artistes reprochent simplement à Jamendo de chercher à "se tourner les pouces" en attendant l'argent tombé chaque mois. En effet, un service PRO qui serait basé sur des licences CC-BY ou CC-BY-ND par exemple serait tout-à-fait viable. Mais ça demanderai plus d'investissement du personnel de Jamendo, c'est certain (rien que pour bien contrôler que les clients respectent les clauses). Tout comme sur la plateforme grand public de Jamendo, où on se refusent à modérer les uploads d'albums acceptant tout et n'importe quoi du moment que ça vient grossir le catalogue, sur JamendoPRO on ne veut pas prendre une position qui reviendrait à faire le tri parmi les "bons" et "mauvais" clients (quant à leur respect des droits des auteurs sous CC et vis--vis de tarifs plus "justes"). La voie de la facilité en fin de compte.

C'est donc un choix, JamendoPRO n'étant pas (pour le moment) illégale. Néanmoins on sait à quoi on s'expose. Dommage, car la rémunération des artistes sous licences libres reste un vrai enjeux qui pourrait facilement être bientôt récupérer par des Majors si on n'y prend pas garde...

 

(To be continued...)

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Published by ChefGeorges - dans Chroniques diverses
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